Le dossier GG

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Message par Olsen le Sam 20 Juin - 6:47

Gilmore Girls Telle mère, telle fille
Culture Séries,
le webzine des grandes séries
http://www.culture-series.fr
Gilmore Girls
Telle mère, telle fille
Benjamin Campion


Okay, avouons-le. Ma mère et moi n'aurons jamais une relation normale, car ma mère n'est
pas simplement ma mère. Elle est ma meilleure amie. Elle ferait n'importe quoi pour moi,
jusqu'à demander à ses parents l'argent pour m'envoyer à Chilton, une prestigieuse école
préparatoire. C'est sans doute la chose la plus difficile qu'elle ait jamais eue à faire, bien
qu'accepter ce dîner chaque semaine avec ses parents en échange du prêt ne se place pas
loin derrière. Mon point de vue ? Je dirais juste que la vie est sur le point de devenir
beaucoup plus intéressante...
Lorelai Gilmore (Lauren Graham) et sa fille, Rory (Alexis Bledel).
Rory Gilmore a 16 ans, sa mère 32. Lorelai a donc eu son unique fille à 16 ans. L'âge de
Rory aujourd'hui... Toutes deux vivent dans une paisible bourgade du Connecticut, Stars
Hollow. Après avoir pris son indépendance et vécu de petits boulots tout en élevant seule sa
fille, Lorelai (Lauren Graham) est devenue responsable de l'Independance Inn, hôtel où sont
organisés réceptions, mariages et banquets. Elle y côtoie Michel Gerard (Yanic Truesdale),
concierge acerbe et sarcastique, ainsi que Sookie St. James (Melissa McCarthy), cuisinière
gauche malgré des talents évidents. De son côté, Rory (Alexis Bledel) arpente les couloirs
du lycée aux côtés de son amie Lane Kim (Keiko Agena). Alors que la fin d'année approche,
elle est à la fois confrontée à l'amour, sous les traits fins de Dean (Jared Padalecki), et au
choix crucial d'une université. Grâce à ses bons résultats, elle reçoit une réponse favorable de
Chilton, établissement réputé dont les frais contraignent toutefois Lorelai à demander l'aide
de ses parents. Après une rupture consommée, les générations sont donc de nouveau réunies
sous le regard amusé de Rory. Celle-ci se retrouve sans le savoir au coeur des débats :
Lorelai accepte ces dîners pour financer ses études, tandis qu'Emily (Kelly Bishop) et
Richard Gilmore (Edward Herrmann) n'ont d'yeux que pour leur petite-fille. Rapidement,
Rory se prend d'affection pour son grand-père tandis que Lorelai essuie les tirs groupés de sa
mère, laquelle ne manque jamais une occasion de la rabaisser. Heureusement, la jeune mère
célibataire a du répondant !

Comme le dit Rory, la relation l'unissant à sa propre mère n'a rien de « traditionnel ».
Ensemble, elles partagent des goûts pour le cinéma, la musique — Madonna ! —, évoquent
leur vie sentimentale et vont parfois jusqu'à se fâcher... comme les meilleures amies du
monde ! Luke Danes (Scott Patterson), qui tient un café où elles se rendent régulièrement,
peut en témoigner. Il n'a qu'à les voir sourire, se tenir par la main puis reprendre une
conversation on ne peut plus sérieuse pour comprendre que ces deux-là ne répondent pas aux
critères habituels du rapport mère-fille. Lorsque Rory a besoin d'un avis en rapport avec les
réalités d'une jeune fille de 16 ans, elle peut s'appuyer sur sa mère. Mais lorsqu'elle décide de
prendre du bon temps avec d'autres personnes (son grand-père, par exemple), Lorelai en
souffre plus que de raison. Tel est pourtant le prix que cette dernière doit payer pour rester
proche d'un être qu'elle doit avant tout guider vers l'autonomie.
Le petit poucet
Lorelai et Luke Danes (Scott Patterson).
Lassés des fictions basées sur le sexe et la violence, plusieurs annonceurs de poids (dont
Coca-Cola et Ford) s'associent, courant 2000, sous le nom de « Family Friendly Viewing
Forum ». Ils souhaitent un retour à des séries « bien propres sur elles », que les gens
pourront regarder en famille. Après un passage en revue des différents networks, c'est
finalement WB qui l'emporte — ABC, CBS et NBC suivront. Le groupe d'annonceurs
finance alors une dizaine de projets. Parmi ceux-ci se trouve Gilmore Girls, l'histoire d'une
jeune mère célibataire éduquant seule sa fille en Nouvelle-Angleterre. Elle résulte d'une
réflexion mûrement menée par Amy Sherman-Palladino en partant du principe suivant : « Si
vous voulez qu'une série dure 5000 ans, basez-la sur la famille ». Malgré l'absence du père,
allant à l'encontre des valeurs morales imposées par le « Family Friendly Viewing Forum »,
les différentes parties s'accordent pour lancer Gilmore Girls sur la grande autoroute des
séries de la rentrée 2000. Le moins que l'on puisse dire est qu'elle démarre fort, face au
mastodonte Friends le jeudi soir. En clair, elle n'a rien à perdre !
Engagée dans sa politique de sérialisation (le network a en effet la réputation de se limiter
exclusivement aux adolescents, tant par sa cible que ses acteurs), WB lui renouvelle sa
confiance en commandant les épisodes destinés à terminer la saison. Elle en profite pour rediffuser les treize premiers.


Progressivement, Gilmore Girls se construit un public, surtout
en deuxième demi-heure (après Friends). Un double épisode, diffusé lors des vacances de
Noël (face à une concurrence « au repos »), lui permet de mieux se faire connaître. Mais rien
n'est encore gagné puisque, déplacée au mardi soir début 2001, elle se retrouve face à
« Survivor »...
Intégrée à la section « La meilleure Série que vous ne regardez pas » de TV Guide, elle
semble jouer de malchance quand UPN lui oppose Buffy contre les vampires dont démarre la
diffusion de la sixième saison inédite le 9 octobre 2001. L'anecdote veut que Gilmore Girls
ait repris la place de cette dernière sur WB, tandis que UPN tentait un autre « coup » le
même mardi soir avec Roswell. La pression pèse donc sur les épaules d'Amy
Sherman-Palladino et celles de son équipe, au beau milieu d'une guerre déclarée entre les
deux networks. Contre toute attente, les filles Gilmore repoussent les assauts de la Tueuse
lors du lancement simultané de leurs nouvelles saisons respectives. Elles cartonnent auprès
des femmes et adolescentes, approchent les sept millions de téléspectateurs dès le premier
soir et doublent leur score d'audience par rapport à l'année précédente : une première ! Dès
lors, WB peut se targuer d'avoir effectué le renouvellement le plus réussi de l'année,
constituant une rampe de lancement inespérée pour Smallville (les aventures de Superman).
Gilmore Girls peut ainsi poursuivre ses aventures pour une troisième saison, face à la même
concurrence qu'en 2001, et espérer aller au-delà.
La confusion des genres
Gilmore Girls est ce qu'on appelle communément une dramédie, terme presque inventé par
Ally McBeal tant la propension de cette dernière à jouer sur les deux tableaux était
impressionnante. D'ailleurs, la série créée par Amy Sherman-Palladino est passée (sans
succès) du statut de drama à celui de comédie entre 2001 et 2002, lors des fameux Emmy
Awards. « La série se rapproche plus de Sex and the City que de À la Maison Blanche ou
Urgences », déclare Sherman. « Nous ne prenons pas tout à la rigolade, et nos personnages
traversent des périodes difficiles. Mais nous injectons aussi une bonne dose d'humour. »
Cette ambivalence, chère à la créatrice, est l'un des éléments fondateurs de Gilmore Girls.
Emblématiques de ce « trait de caractère », les parents de Lorelai, Emily et Richard Gilmore,
rappellent furieusement ceux de Greg dans Dharma & Greg. Bon chic bon genre, très
guindés, intraitable en ce qui concerne la mère, plus déluré s'agissant du père, ils se
ressemblent à s'y méprendre. Seulement voilà, Gilmore Girls va au-delà de la caricature. Par
son aspect tragi-comique, cette série peut rendre les frasques de Richard aussi drôles que les
tensions entre Lorelai et Emily poignantes. Un temps pour rire, un autre pour pleurer. Ca ne
vous rappelle rien ?


La série nous installe dans un contexte apaisant... puis fait tout exploser ! Il faut voir la scène
de Sombre dimanche (ép. 3 [1.03]) au cours de laquelle Sookie se dispute avec Jackson à
propos de fraises (« J'espère que vous vivrez heureux ensemble ! »), puis lui court après pour
se faire pardonner... Le contraste entre le décor tranquille — évoquant celui de Bienvenue en
Alaska — et ces deux excentriques est tellement saisissant ! Dans Gilmore Girls, les
contraires s'attirent (Lorelai et Luke), conspirent (Lane et sa mère), se déchirent (Rory et
Paris).
Les seconds rôles eux-mêmes possèdent leur part d'ombre et de lumière. Ainsi, Michel
(d'origine française, ce dont il use parfois avec délectation) se montre-t-il attendrissant par
moments, pour peu que Lorelai parvienne à briser la glace. Les grands-parents de Rory ne
sont pas aussi snobs qu'on le croit, Luke sait parler et Paris possède un coeur. Bref, en jouant
la carte du jusqu'au-boutisme, Gilmore Girls n'en oublie pas pour autant que ses personnages
ont une âme.
Haut débit
Dans Gilmore Girls, ça va vite. Très vite. Les bons mots s'enfilent comme des perles autour
d'un collier, chaque nouvelle saynète vous laissant à peine le temps de récupérer de la
précédente. En général, un épisode d'une heure (publicités incluses) diffusé aux États-Unis
nécessite environ cinquante-cinq pages de script. Gilmore Girls en réclame soixante-quinze !
Au terme d'une lutte acharnée contre les dirigeants de grands networks américains, Amy
Sherman-Palladino est parvenue à imposer le rythme de son projet — effréné —, effectuant
par la même occasion son grand plongeon dans l'univers du format « Longue Durée » (elle
avait travaillé précédemment sur Roseanne et Les Dessous de Veronica, deux sitcoms d'une
demi-heure).
Les effets de style, mouvements de caméra et autres facéties étant exclus, Gilmore Girls joue
beaucoup sur les dialogues, ainsi que sur l'expérience de sa créatrice. Pourtant, n'allez pas lui
parler d'autobiographie !


Sookie St. James (Melissa McCarthy) et Jackson Melville (Jackson Douglas).
Sherman vient en effet d'un milieu modeste, ne connaît ni le Connecticut, ni les grandes
écoles, encore moins la joie d'être mère. Son but est d'atteindre l'universel, sans passer par de
sirupeuses scènes mélodramatiques au rythme lent. Pour la servir, elle a d'ailleurs trouvé en
Lauren Graham (Townies, Conrad Bloom) l'interprète idéale : l'actrice se définit elle-même
comme une personne volubile, ambitieuse et ouverte. Et surtout, elle parle à cent à l'heure !
Face à elle, le pari consistait à recruter une jeune actrice peu expérimentée mais possédant
assez de caractère pour tenir la vedette d'une série diffusée en première partie de soirée. Lors
de son audition, Alexis Bledel (modèle de 18 ans au physique pour le moins particulier)
sembla ailleurs et n'eut absolument pas l'air intéressée par le résultat final. Elle obtint le rôle.
Dès lors, il lui fallut apprendre à boire du café (un gag récurrent) et, plus sérieusement, à
entrer dans la peau d'un personnage étonnamment équilibré, a contrario des productions
habituelles de WB (Dawson, par exemple), tout en conservant son naturel. L'alchimie que
crée Bledel avec Graham, hors et face caméra, démontre ainsi la précision du casting réalisé
autour de Gilmore Girls, dont le propos repose principalement sur la relation mère-fille.
Girls power !
Les dialogues de Gilmore Girls, débités à des vitesses effrénées, prennent parfois un
tournant inattendu comme en atteste cet extrait à lire avec une pincée de fantaisie :
- Monte dans ta chambre !
- Whaouh, c'est méchant les p'tits génies !
- Si tu me laisses travailler maintenant, je jouerai avec toi ce week-end...
- C'est promis ?
- Oui, tu pourras faire tout ce que tu voudras.
- Les soldes au magasin de chaussures ?
- Oui.
- Tu me laisseras essayer celles que je veux ?
Janvier 2007 Page 6
Gilmore Girls Telle mère, telle fille
- Oui.
- Marché conclu !
Contrairement aux apparences, cette conversation ne montre pas comment Lorelai fait face
aux caprices de sa fille... mais l'inverse !
Rory et Dean (Jared Padalecki).
Sous ses airs de midinette, Rory incarne en effet la véritable maîtresse de maison tandis que
Lorelai n'hésite pas, en certaines occasions, à détourner l'adolescente du « droit chemin »
qu'elle s'est fixé. Cette inversion des rôles, formidable ressort comique, place Gilmore Girls
dans un contexte ultra-moderne.
Comme tendent à le prouver des séries récentes telles que Buffy contre les vampires ou Alias
, sans oublier bien entendu Desperate Housewives, les femmes ne font plus office
d'« éléments décoratifs ». Elles agissent. Décident. Font des enfants toutes seules. Ces séries
reflètent la société contemporaine. Il arrive même que l'aura d'un personnage dépasse les
limites de l'écran, comme ce fut le cas lorsque Calista Flockhart finit par s'auto-proclamer
mère célibataire dans la « vraie vie ». Lorelai Gilmore est une autre de ces femmes que rien
ne peut empêcher d'agir à sa guise. Enceinte à 16 ans, elle décide en son âme et conscience
de ne pas se marier, prenant sur elle toute la responsabilité d'éduquer un enfant. Ce choix, à
la fois courageux et égoïste, trouve de plus en plus sa résonance aux États-Unis comme
ailleurs. Vu le nombre croissant de divorces, à quoi bon s'embarrasser d'un mari ?
Sur un ton léger, Gilmore Girls — par le biais de ses scénaristes — soulève de véritables
questions, n'oubliant jamais que sans les modes de fonctionnement, les humeurs, les
tendances de la société dont elle s'inspire, elle ne serait rien. Il est d'ailleurs intéressant de
relever le nombre de références musicales, artistiques, culinaires (les recettes de Sookie
existent) de la série. Le staff technique prend plaisir à partager ses goûts avec le public, et ça
se sent. Composée par Sam Phillips, la musique constitue un véritable vecteur d'émotions,
brassant les générations d'hier (Louis Armstrong, John Lennon, Maria Callas) et
d'aujourd'hui (Beck, PJ Harvey, Björk). On cite Macy Gray et Britney Spears comme autant
d'icônes d'un monde pas si « imaginaire » que cela ! Les allusions peuvent parfois se faire
acerbes, comme lorsque Lorelai déclare à sa fille : « Un jour, tu m'as bien avoué que tu
adorais Sauvé par le gong... C'est impossible de faire plus honteux ! [/color]»
[/color]


Dernière édition par Olsen le Sam 20 Juin - 6:59, édité 1 fois
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Re: Le dossier GG

Message par Olsen le Sam 20 Juin - 6:58

Faux-semblants
Rory et sa grand-mère, Emily (Kelly Bishop).
Gilmore Girls n'est pas ce que vous pensez — c'est mieux ! Si cette série n'a pas la
prétention de réinventer le genre (Les Soprano ou Alias s'en chargent déjà), ni d'explorer de
nouvelles contrées (là, c'est plutôt le domaine de Oz, Sex and the City ou Six Feet Under), il
ne faudrait pas pour autant la réduire à une simple bluette destinée aux adolescent(e)s... Car
derrière son aspect burlesque se dessine un réel second degré. Les personnages ne se
prennent pas au sérieux, chacun possède son petit grain de folie (même Rory) qui le rend
attachant. On retrouve toutes les figures mythiques du teenage-movie, puissance 10 : le
dragueur intrépide, la chipie (blonde, bien sûr), la première de la classe, les parents
angoissés, le prof charmeur, la copine fofolle... Au même titre que des séries parodiques
comme Buddy Faro ou Scrubs, Gilmore Girls détourne les codes du genre à son avantage.
Ainsi les scénaristes prennent-ils un malin plaisir à se remémorer leur enfance, à partager
leurs propres expériences et à s'en amuser. Quoi de mieux qu'un bon coup d'oeil dans le
rétroviseur pour toucher à la vérité ?


Gilmore Girls possède au final deux niveaux de lecture, qui la rendent accessible à un large
éventail de téléspectateurs. En surface, la fantaisie prédomine, soulignée par des personnages
et des situations immédiatement reconnaissables. Mais en grattant un peu, on s'aperçoit d'une
certaine mélancolie, rappelant que la vie n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Les
faiblesses des personnages constituent autant de preuves de leur existence et à ce petit jeu-là,
Lorelai décroche la Palme ! Qu'a donc de si attirant cette mère écervelée, provocatrice,
irresponsable ? Elle est tout simplement cette petite voix qui nous exhorte à sortir de nos
gonds. Face à elle, Rory incarne la sagesse, ses conseils garantissent une certaine stabilité.
Mais est-ce vraiment ce que nous voulons ? Ne préférons-nous pas basculer du côté obscur
de la Force ? À moins que ce ne soit déjà fait... auquel cas il nous reste toujours la possibilité
de réfréner nos penchants. Mi-anges, mi-démons, les personnages de Gilmore Girls prouvent
donc qu'en maintenant un bon équilibre, les pulsions qui nous animent peuvent aboutir à une
existence saine. Pas mal, pour une série sans prétention !

Code:
http://www.culture-series.fr/IMG/_article_PDF/CS_2007_01_Gilmore_Girls_Telle_mere_telle_fil[/color]le.pdf

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Re: Le dossier GG

Message par Olsen le Sam 20 Juin - 7:01

Voilà rien de nouveau mais toujours intéressant ^^

Code:
http://www.culture-series.fr/IMG/_article_PDF/CS_2007_01_Gilmore_Girls_Telle_mere_telle_fille.pdf

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